DYSCALCULIE

Par Fabrice PASTOR, Neuropsychologue, IRLES.
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Article sous licence Creative Commons.

Définition de la dyscalculie

La dyscalculie est un terme qui fait référence à un large éventail de problèmes liés à l’apprentissage des compétences en mathématiques. Il y a autant de garçons que de filles atteints de dyscalculie. La dyscalculie touche entre 3% et 6,5% des enfants en âge scolaire, selon les études. D'autres troubles apparaîssent fréquemment avec une dyscalculie, comme des troubles de l’attention/concentration avec ou sans hyperactivité (TDA/H) dans environ 30% des cas ou une dyslexie dans environ 20% des cas.

C'est pourquoi la dyscalculie est donc rarement isolée, et l’on rencontre souvent d’autres "dys" chez l’enfant soufrant de dyscalculie.

Ainsi selon le DSM-IV (le manuel diagnostic des troubles mentaux), on distingue 3 critères principaux : un retard dans les aptitudes mathématiques par rapport à la norme attendue pour l’âge de l’enfant ; ce retard interfère dans la réussite scolaire ou les activités de la vie courante ; et l’enfant a également une intelligence "normale". Il doit également y avoir une absence de troubles du langage.

Caractéristiques et symptômes de la dyscalculie

On remarque souvent que les enfants présentant une dyscalculie de développement souffrent également de difficultés pour comprendre et raisonner sur l’espace. Ainsi, la compréhension de symboles comme "plus grand que" et "plus petit que" ("<" et ">") ; le placement des chiffres dans une opération en colonne ; les notions de "nombres positifs" et "nombres négatifs" (-2 ; -9) demande obligatoirement des compétences dans la compréhension des concepts et du repérage spatial. Ainsi par exemple, l’enseignant n’hésitera pas à utiliser des analogies comme "les parts de gâteau" ou des "aires de rectangle" pour enseigner les fractions. Un enfant ayant des difficultés dans la compréhension de l'espace aura du mal avec ces analogies.
De même, la mémoire sera sollicitée pour que l’enfant apprenne et connaisse les faits arithmétiques comme les tables d’addition et de multiplication ("3 fois 1 égal 3 ; 3 fois 2 égal 6 ; 3 fois 3 égal 9", etc.)

Ainsi, différents modèles théoriques démontrent que la majorité des erreurs de calcul sont dues à des difficultés d’attention ou d’impulsivité. L’enfant va par exemple se tromper de calcul, additionner au lieu de multiplier, oublier des retenues, décaler les colonnes...

Différents types de dyscalculie

- Dyscalculie numérale ou de transcodage ou avec déficit du traitement numérique : difficultés pour lire et écrire les nombres ("deux cent soixante-dix-sept" = 20060107 ; "13" = trente).
- Dyscalculie de faits arithmétiques : difficultés pour mémoriser les tables d’addition, de multiplication, lenteur importante (l’enfant utilise souvent ses doigts pour compter).
- Dyscalculie de type visuospatiale : difficultés pour comprendre les signes "<" et ">", le "x" et le "+", mélange les colonnes dans une opération posée, difficultés pour dénombrer.

Dyscalculie et neurologie

Les fonctions mathématiques qui impliquent d’aligner des chiffres, de conserver leur emplacement sont principalement localisées dans l’hémisphère droit. En revanche, les fonctions basées dans le langage sont situées dans l’hémisphère gauche. Les calculs arithmétiques utilisent donc un traitement bilatéral car ils impliquent de prendre des décisions à partir de différentes opérations et procédés.

Dyscalculie et psychologie

Différentes études soulèvent également une concordance entre les troubles du calcul et des difficultés d’ordre psycho-affectives. Ainsi, certains enfants vont avoir tendance à "éviter les chiffres"...

Quels sont les signes d’alerte ?

Vu que les difficultés en mathématiques sont très variables, les signes d’alerte sont également variables. En revanche, la présence de difficultés dans l’apprentissage des mathématiques ne signifie pas nécessairement que l’enfant a un trouble des apprentissages. Cela doit être déterminé par une évaluation neuropsychologique, orthophonique et psychomotrice qui précisera la nature exacte des troubles. A partir de ce constat, on proposera les prises en charge les plus adaptées.

Évaluation de la dyscalculie : quand la proposer ?

Une évaluation à l’IRLES pourra être bénéfique si l’enfant présente des troubles tels que :
  • Un bon développement des concepts mathématiques généraux mais des difficultés voire une incapacité lorsqu’il doit réaliser des calculs spécifiques.
  • Des difficultés à se souvenir des concepts logico-mathématiques : l’enfant est capable d’utiliser une formule mathématique et de résoudre un problème, mais il a totalement oublié la marche à suivre le lendemain.
  • Un bon développement du langage, de la lecture et de l’écriture mais des difficultés pour apprendre à compter ou pour résoudre des problèmes mathématiques.
  • Des difficultés pour ordonnancer des concepts chronologiques, des classements, des estimations de tailles et de hauteurs.
  • Une mémorisation des mots écrits mais des difficultés pour lire les chiffres et nombres, ainsi que pour mémoriser les séquences numériques.
  • Un mauvais sens de l’orientation, une désorientation et une perturbation lors du changement de routines.
  • Des troubles dans l’estimation ou dans la mesure du temps.
  • Des difficultés parfois pour jouer à des jeux de stratégie (les Échecs par exemple).

Évaluation de la dyscalculie à l’IRLES

Nous nous attarderons sur l’évaluation du langage afin d’en savoir plus sur d’éventuelles difficultés de compréhension des énoncés. On effectuera également des tâches non-verbales et visuo-spatiales.
Une évaluation des aptitudes d’attention et de concentration est importante, car beaucoup d’erreurs viennent de fautes d’inattention et d’impulsivité.
Une observation des différents domaines de la mémoire permettra d’une part de vérifier que l’information est bien mémorisée, mais également les concepts arithmétiques. L’évaluation de la mémoire de travail auditive permettra de s’assurer que l’enfant parvient à garder des informations actives en mémoire afin de traiter les problèmes, mais également d’y sélectionner les données pertinentes à traiter.
Par la suite, la prise en charge la plus adaptée sera proposée à votre enfant.

Mise à jour de l'article : 11/04/2013.


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